Animaux tueurs au cinéma : Les années 20-40 : les mondes perdus.

The Lost World (1925)Si les prémices du cinéma fantastique datent du tout début du siècle, au travers de titres comme Le Manoir du Diable (1986) ou Le voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès ou du non moins célèbre Nosferatu (1922) de Friedrich-Wilhelm Murnau, les monstres géants sont parmi les premiers à pointer le bout de leur nez sur les écrans. Dès 1925, adaptant les écrits d’Arthur Conan Doyle, Harry O. Hoyt réalise l’inoubliable Le Monde perdu, peuplé de superbes dinosaures animés en stop motion par Willis O’Brien. L’histoire d’explorateurs partant à la découverte d’un monde inconnu n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de son principal descendant, le magnifique et terrifiant King Kong (1933), réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, bien qu’ici, l’appât du gain incite les aventuriers à ramener la bête à New York, qui se souviendra à jamais des excès destructeurs du gorille titanesque. Malgré un succès plus que raisonnable, cette production connaîtra pourtant sa véritable heure de gloire lors de sa ressortie en salles durant l’année 1952, à grand renfort de publicité. Schoedsack profitera tout de même de l’engouement du public envers Kong pour sortir dans la foulée du gorille géant Le Fils de Kong (1933), puis quelques années plus tard Monsieur Joe (1949), une autre histoire de de primate apeuré et gigantesque qui terrorise la population. D’étranges dinosaures et d’autres monstres préhistoriques, eux aussi vivants dans un environnement encore inconnu des hommes, vont se retrouver au centre du récit de L’île inconnue (1948).
Bon nombre des films de cette époque s’inspirent des expéditions menées partout dans le monde par d’aventureux explorateurs, bien décidés à dresser une cartographie complète des peuples, espèces animales et végétales qui peuplent notre globe. Voyages qui mènent parfois à des confrontations des plus inattendues, nous ramenant à la triste vérité concernant la bestialité des origines de l’homme, comme nous le montre Sam Newfield à travers la découverte d’un chaînon manquant dans White Pongo (1945). Les singes sont décidément bien à la mode, puisque l’on en retrouve également à l’affiche dans The White Gorilla (1945), Nabonga (1944) ou encore Dr. Renault’s Secret (1942) et son singe rafistolé en homme.

Quelques autres espèces sont cependant représentées, comme un tigre mangeur d’homme dans Man-Eater of Kumaon (1948), une chauve-sourie géante dans The Devil Bat (1940), d’étranges dinosaures dans , ou même le mythique Quetzalcoatl, agitant ses ailes dans The Flying Serpent (1946). Le cinéma d’épouvante va également voir débarquer bon nombre de loups-garous, via des productions comme Le Monstre de Londres (1935), Le Loup-garou (1941), le crossover Frankenstein rencontre le loup-garou (1943) ou encore The Return of the Vampire (1944). A noter que la première adaptation du roman 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne voyait le jour dès 1916, film muet dont on retiendra plus les premières séquences sous-marines jamais tournées, que son minuscule poulpe amorphe ainsi que la liberté prise quand à l’adaptation du roman.

King Kong (1933) Man-Eater of Kumaon (1948)
King Kong (1933) Man-Eater of Kumaon (1948)

Carcharoth, le 02/02/2008

Lire la suite : Animaux tueurs au cinéma : Les années 50 : les avancées technologiques et l’ombre de la guerre.

Comments

2 Responses to “Animaux tueurs au cinéma : Les années 20-40 : les mondes perdus.”

  1. Captain Midnight on février 8th, 2008 12:57

    Le “Dr. Renault’s Secret” (1942) cité est une adaptation fort libre du roman “Balaoo” de Gaston Leroux. Libre car, notamment, l’homme-singe vedette est un singe transformé chirurgicalement en homme, contrairement au héros de Gastounet qui était un vrai homme-singe qu’un savant tentait de civiliser.

  2. Carcharoth on février 25th, 2008 23:51

    Merci bien pour cette précision. Il faudra que j’essaie de lire ce roman un jour, mais je viens déjà juste de découvrir le film, qui est enchanteur. La photographie est superbe, les acteurs sont excellents, et le récit n’est jamais ennuyeux (en même temps le film dure un peu moins d’une heure). Une bonne découverte en tout cas.

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