Animaux tueurs au cinéma : Les années 50 : les avancées technologiques et l’ombre de la guerre.

Beginning of the End (1957)Si les guerres mondiales freinent considérablement la production cinématographique, l’après-guerre se trouve par contre être un vivier énorme en ce qui concerne la science-fiction et le film de monstre. S’appuyant sur les peurs et la paranoïa du public engendrées par la guerre froide, les progrès de la science, les essais et catastrophes nucléaires, les scénaristes s’en donnent à cœur joie.
La menace d’une nouvelle guerre, sans parler de la peur des bombes A et surtout H, dont les essais incécants résonnent de part le monde, puis de leurs retombées aux effets encore méconnus, laissent libre court à toutes les spéculations. Le mémorable Godzilla (1954), la créature de Le Monstre des temps perdus (1953) d’Eugène Lourié, qui réutilisera d’ailleurs ce thème dans Behemoth, the Sea Monster (1959) quelques années plus tard, les sauterelles géantes de Begining of the End (1957), les crustacés de L’attaque des crabes géants (1957) du célèbre Roger Corman, les énormes fourmies de Les Monstres attaquent la ville (1954), ou encore la pieuvre géante de Le Monstre vient de la mer (1955) ne sont que quelques exemples des immondices qui envahissent les Drive-in. Mais les insectes et les animaux ne sont pas les seuls à être touchés par les radiations, comme nous le prouve l’arbre tueur de From Hell it Came (1957).

Le Monstre vient de la mer (1955) The Killer Shrews (1959)
Le Monstre vient de la mer (1955) The Killer Shrews (1959)

 

Tarantula! (1955)

Si l’homme est à l’origine des modifications d’ordre biologique découlant de l’exposition aux radiations nucléaires, ce dernier allait bien vite prendre le contrôle direct des manipulations.
En effet, les avancées de la science ne se limitent pas au domaine militaire, et si aujourd’hui la génétique est l’une des thématiques principales des films d’agressions animales, dès 1959, The Killer Shrews proposait déjà un récit alarmiste basé sur les modifications biologiques. Si The Killer Shrews demeure assez sympathique à visionner, dommage que son réalisateur Ray Kellogg nous offre la même année un second film absolument indigeste : The Giant Gila Monster. Durant cette période, les travaux sur l’ADN étaient alors en plein essor (1), inspirant ainsi quelques scénaristes attentifs à l’actalité. Le roman de HG Wells, L’île du Dr Moreau, publié en 1896, n’est certainement pas étranger non plus à ces initiatives. L’énorme araignée de Tarantula! (1955) doit aussi son colossal statut à une expérience scientifique loupée, et c’est bourré d’hormones de croissance que celle-ci va semer la panique en Arizona. L’expérimentation sientifique n’est décidément pas à la portée du premier venu, comme nous le confirme Andre Delambre et son obsession de la téléportation, qui n’aura pour effet que de le transformer en mutant homme-mouche dans La Mouche noire (1958). L’homme-panthère de Terror is a Man (1959) ou le fils du Dr. Delambre dans Le Retour de la mouche (1959) pourraient aussi témoigner de la vétusté du matériel de l’époque.

Quelques fois, l’homme doit faire face à des menaces dont l’apparition est plus ou moins justifiable, même si le danger, lui, est bien réel. De l’énorme vautour saisissant de ridicule de The Giant Claw (1957), à la mante religieuse surgelée de La Chose surgit des ténèbres (1957), les mollusques préhistoriques de The Monster That Challenged the World (1957), la créature irradiée de The Phantom from 10,000 Leagues (1955), la bestiole étrange de La Bête de la caverne hantée (1959), les ridicules sangsues de L’Attaque des sangsues géantes (1959), ou encore les arachnides de The Black Scorpion (1957) ou de L’Araignée Vampire (1958), les scénaristes font preuve d’une imagination sans limite. Vestige des productions des décénnies précédentes, une nouvelle histoire de monde perdu peuplé de dinosaures voit aussi le jour dans L’Oasis des tempêtes (1957).

The Black Scorpion (1957) The Giant Claw (1957)
The Black Scorpion (1957) The Giant Claw (1957)

Les animaux non mutants et de taille « normale » n’étaient pourtant pas oubliés, bien que peu représentés. Opération requins blancs (1956) nous présente le test d’un produit chimique étant sensé éloigner les squales, Quand la Marabunta gronde (1954) décrit l’affrontement entre Charlton Heston et une colonie de fourmis voraces, alors que de leur côté, Bwana Devil (1952) et Harry Black et le tigre (1958) traitent de fauves mangeurs d’hommes.

(1). A ce sujet, lire le chapitre Examining Technology in, behind and beyond the Drive-in dans Horror at the Drive-In: Essays in Popular Americana de Gary Don Rhodes

Carcharoth, le 02/02/2008

Lire la suite : Animaux tueurs au cinéma : Les années 60 : l’oiseau de mauvais augure.

Comments

2 Responses to “Animaux tueurs au cinéma : Les années 50 : les avancées technologiques et l’ombre de la guerre.”

  1. Yurtdisi Egitim on mars 11th, 2008 19:13

    my French is not good but is seem like a very nice web site, thanks

  2. nicolas on juillet 2nd, 2008 13:49

    ce sont définitivement les années 50 qui est la decennie,la plus prolifique en matiére de monstres ou insectes géants.
    les films d’aujourd’hui ùmanquent de fun.

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