Biographie de Nathan Schiff, l’homme à la belette mutante radioactive

Nathan Schiff
Nathan Schiff

Quelques informations sur ce réalisateur oeuvrant dans l’ombre, ayant réalisé en Super-8 il y a déjà plus de 20 ans des films aux titres aguicheurs tels que Weasels Rip My Flesh (1979), Long Island Cannibal Massacre (1980), They Don’t Cut the Grass Anymore (1985), ou encore Vermillion Eyes (1991). Avec ces productions amateurs aux budgets plus que microscopiques, l’homme parvient malgré tout à se faire un petit nom aujourd’hui…

Weasels Rip My Flesh (1979)Né à Long Island, passionné de cinéma fantastique et de science fiction, adepte du format Super-8, le jeune homme s’intéressa très tôt à la réalisation. Il produisit dans ce sens une vingtaine de courts métrages avant de s’attaquer à son hommage au cinéma de genre via Weasels Rip My Flesh. Cette histoire de belette mutante d’une taille colossale semant mort et désolation dans un coin tranquille du Long Island. Pour une somme insignifiante avoisinant les 400$, le film fut pourtant mené à terme. Bien que tout ne se soit pas passé comme prévu durant le tournage et les quelques regrets exprimés par le réalisateur quant au contenu tel qu’il avait été envisagé au départ et ce qu’il en résulte à l’écran, cela n’a au final que peu d’importance puisque le résultat était bien là : le film existait. Bien entendu Weasels Rip My Flesh regorge d’erreurs en tout genre, d’approximations hasardeuses, d’effets spéciaux ringards et d’acteurs inexpressifs, mais l’ensemble se regarde d’un oeil amusé pour peu que l’on accepte de se laisser prendre au jeu. Car il s’agit bien là d’un petit film amateur réalisé entre potes dans le jardin de la maison familiale, et même si les quelques années passées à tourner des courts métrages ainsi que le côté cinéphage de Schiff se ressentent assez dans la manière de mettre en scène certaines situations. Il est en effet amusant de constater que les règles élémentaires concernant toute personne tenant une caméra en main ne sont par contre guères maîtrisées, comme une mise au point hasardeuse, des prises de vues à contre jour etc. Mais il est en tout cas difficile de rester de marbre devant un spectacle aussi généreux, de ne pas esquisser un sourire devant certaines des trouvailles ingénieuses (et d’autres beaucoup moins je vous rassure) du jeune homme.

Weasels Rip My Flesh (1979)
Weasels Rip My Flesh (1979)

Sa volonté quant à conduire un projet aussi ambitieux avec les moyens disponibles est à saluer, nous rappelant ainsi certains des parcours biens plus connus de tous, notamment Peter Jackson et son Bad Taste par exemple. La comparaison n’a pas vraiment lieu d’être d’ailleurs, Schiff s’étant cantonné à garder un rapport intègre à ses ambitions, préférant évoluer sur des voies plus underground, ne se reconnaissant absolument pas dans le cinéma actuel ni son public (voir à ce sujet l’interview accordée à Bleeding Skull en septembre 2004).

Après cet hommage aux productions des films de SF des années 50 et de leurs bestioles mutantes géantes, Nathan Schiff se tourna cette fois-ci vers d’autres sources d’inspirations, notamment toute la lignée des films italiens enfantés par Cannibalis, Cannibal Holocaust et consorts pour son aspect gore bien saignant, mais également du côté de titres américains tels The Last House on the Left, The Texas Chainsaw Massacre et d’autres en ce qui concerne l’ambiance générale et ses tueurs dérangés et sadiques. Il réalisera ainsi Long Island Cannibal Massacre et They Don’t Cut the Grass Anymore, qui raviront les amateurs de jets de sang par litrons entiers, de tripailles à gogo, et d’ambiances assez glauques et loufoques qui transparaissent derrière cette surenchère de bidoche et d’amateurisme. Avec Vermillion Eyes, Schiff s’affranchit du cinéma d’horreur tout en demeurant dans l’étrange et le morbide, mais n’ayant pas vu ce titre je ne pourrais en dire plus pour le moment.

Courant 2004, Image Entertainment a donné le feu vert à Nathan Schiff concernant la restauration et la mise en boite de ses 3 longs métrages, dans des éditions DVD bourrées de bonus d’une qualité impressionnante par rapport au sujet et matériel de départ. Une très bonne initiative puisque sans l’appui de cet éditeur, nous n’aurions que difficilement pu entendre parler de ce réalisateur. Sa démarche sincère, qui ressort de différentes interviews et des commentaires audio disponibles sur les DVD rendent le personnage sympathique, et malgré les nombreux défauts de ses films, on sent que Nathan Schiff n’a pas concocté tout cela afin de se satisfaire uniquement lui-même, mais bien dans l’optique du divertissement et que ses films soient vus par le public… ce que certains oublient bien souvent…

Carcharoth, le 13/02/2008

A lire : la critique de Weasels Rip My Flesh sur Agressions animales, ainsi qu’une interview du bonhomme sur Bleeding Skull.

Filmographie sélective :

Vermillion Eyes (1991)
They Don’t Cut the Grass Anymore (1985)
The Long Island Cannibal Massacre (1980)
Weasels Rip My Flesh (1979)

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