Biographie de William Grefe

William Grefe, 17 mai 1930

William GrefeNé à Miami, en Floride, William Grefe, fasciné par le cinéma, amorça sa carrière comme acteur de théâtre, qui prit fin à son retour de la guerre de Corée. Il décide alors d’écrire, et devient scénariste pour la télévision, puis pour le cinéma, avant de s’improviser réalisateur par le plus grand des hasards. En effet, c’est durant le tournage de The Checkered Flad (1963), dont il avait rédigé le script, que William se retrouvera derrière la caméra suite à la dépression soudaine du réalisateur. Une ambiance chaotique et les nombreux problèmes rencontrés ont en tout cas permis à l’aspirant réalisateur d’apprendre énormément de choses. Dès l’année suivante l’homme va être embauché par la major Allied Artists Pictures pour écrire et réaliser Racing Fever (1964), puis être nommé assistant-réalisateur sur le film d’horreur I Eat Your Skin (1964), production minable dont il retiendra une belle liste de choses à ne pas faire lorsque l’on tourne un film.

Alors que les drive-in connaissaient à nouveau un certain attrait pour les films d’horreur et les films de monstres, William Grefe se vit proposer la réalisation de Sting of Death (1965), un film au budget visant l’économie, tourné en grande partie dans la propriété même de son producteur. Malgré son manque d’originalité et son aspect fauché par moments ridicule, Sting of Death s’avère être une petite série B plutôt honnête. Le costume de l’homme méduse, équipé de palmes, d’une combinaison de plongée grimée de câbles et d’un masque qui ressemble à un gros sac plastique transparent, permet l’accession de la créature au panthéon des Craignos Monsters… Les « double features » étant très en vogue à l’époque, Grefe se propose de tourner le second film, à condition que tout soit financé. Une fois sa requête acceptée, il rédige le script de Death Curse of Tartu (1966) en 24 heures, et le tournage commence dès la semaine suivante, une grande partie de l’équipe technique étant commune aux deux productions.

Sting of Death (1965) Stanley (1972)
Sting of Death (1965) Stanley (1972)

Puis William Grefe quitte un peu le monde de l’horreur le temps d’écrire, réaliser ou produire lui-même quelques titres, comme The Devil’s Sister (1966), Wild Rebels (1967) ou encore The Naked Zoo (1971). Il y reviendra ensuite via des titres comme Secret Pulsion (Impulse, 1974), mais surtout Stanley et Mako : the Jaws of Death qui nous intéressent plus particulièrement, car mettant en scène des animaux tueurs.

Mako : the Jaws of Death (1966)Alors qu’il se trouvait à Los Angeles, un article dans Variety parlant d’un film d’horreur à succès attira son attention. Il s’agissait de Willard (1971), l’histoire de ce jeune homme asocial qui va utiliser des rats comme instrument de sa vengeance. La nuit même, l’idée de Stanley (1972) avait germé dans son esprit, celle d’un homme vivant avec des serpents et utilisant ces derniers comme arme meurtrière, et dès le lendemain Grefe se met en tête de trouver un producteur.

Malgré ses nombreux défauts, Stanley est un succès inattendu, rapportant ainsi pas mal d’argent. Cela va motiver William Grefe à écrire l’histoire quasi identique de Les Mâchoires de la mort (Mako : the Jaws of Death, 1976), film qui va lui donner la possibilité de mettre à profit son expérience en ce qui concerne les prises de vues sous-marines et le travail avec des requins, acquise durant le tournage de Vivre et laisser mourir (Live and Let Die, 1973), l’une des nombreuses aventures de James Bond. L’histoire est toujours la même, celle d’un homme vivant cette fois-ci avec des requins, bla-bla-bla. Malgré de nombreux problèmes financiers et techniques, le tournage se poursuit péniblement, alors que de son côté Steven Spielberg, galérant tout autant, est en train de mettre en boîte l’un de ses plus grands succès : Les dents de la mer (Jaws, 1975). Les deux films ne jouent pas dans la même catégorie, d’un côté une production Universal, et de l’autre une production indépendante, mais William Grefe va profiter du succès de Jaws aux Etats-Unis pour vendre son Mako en Europe, avant que ne déferle le blockbuster de l’année 1975. Il va pour cela envoyer une vidéo promotionnelle de 8 minutes, qui suffira à convaincre les acheteurs, et à remplir les caisses des investisseurs. La vague gigantesque de films de requins qui allait envahir nos écrans en était encore à ses balbutiements.

Mako : the Jaws of Death (1976)
Mako : the Jaws of Death (1976)

Stanley (1972)La suite de sa carrière s’avère être un peu plus calme, William écrit toujours des scripts, réalise quelques films, mais se consacre surtout à son rôle de producteur, se plaisant dans le management, la distribution et la négociation de divers projets. En tant que réalisateur, l’homme est décrit comme très impliqué dans ce qu’il fait, très organisé, sachant exactement ce qu’il veut obtenir de ses acteurs ou de son équipe technique, et son rapport à l’argent en tant que producteur, lui permet d’optimiser au mieux ses projets. Et si ses films ne sont pas toujours d’une très grande originalité, ils offrent tout de même une certaine qualité technique qui permet à Grefe de les vendre facilement. Si l’artisan indépendant des débuts à aujourd’hui laissé place à l’homme d’affaires, son amour du cinéma et bel et bien toujours d’actualité.


Carcharoth, le 13/02/2008

A lire : la critique de Les Mâchoires de la mort et celle de Stanley sur Agressions animales, ainsi que la biographie William Grefe: His Crazy Life as an Independent Filmmaker, écrite par James Shepard.

Site web de William Grefe : http://www.williamgrefe.com

Filmographie sélective :

Mako: The Jaws of Death (1976)
Impulse (1974)
Stanley (1972)
The Naked Zoo (1971)
The Hooked Generation (1968)
Wild Rebels (1967)
Death Curse of Tartu (1966)
The Devil’s Sisters (1966)
Sting of Death (1965)
Racing Fever (1964)
The Checkered Flag (1963)

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