Biographie de Curtis Harrington
Curtis Harrington, 17 Septembre 1926 – 6 Mai 2007
Né à Los Angeles, Curtis Harrington est dès son plus jeune âge fasciné par le cinéma, il commencera d’ailleurs à tourner ses premiers courts-métrages vers ses 14 ans. Des débuts prometteurs qui vont amener l’homme à persévérer dans cette voie, alternant études (diplômé entre autres de l’UCLA) et petits boulots dans le monde du cinéma jusqu’à l’année 1957 où il commence à travailler pour la Fox. C’est en tant qu’assistant-producteur qu’il fera ses premières armes sur des productions comme Les Plaisirs de l’enfer (1957), Mardi Gras (1958), ou Les Feux de l’été (1958). C’est en 1961 qu’il va écrire et réaliser son premier film, Night Tide, s’inspirant à la fois de La Féline (1942) de Jacques Tourneur, une de ses œuvres favorites, et des mystères de la mer. Le récit suit les aventures d’un homme tombant amoureux d’une belle femme, qui gagne sa vie en incarnant une sirène dans un spectacle de cirque. Mais l’homme va apprendre que les anciens compagnons de celle-ci ont tous disparus sans laisser de traces, et se retrouve finalement confronté à ce qui semble être une vraie sirène… Mettant en scène Denis Hopper, Night Tide est un film fantastique assez réussi, aux évocations poétiques abouti, et qui à l’instar de Cat People est bien plus basé sur la suggestion que la démonstration. Le métrage est plutôt bien reçu par la critique, malgré une distribution qui tarde un peu à venir. Le budget réduit de Night Tide, environ 75000 $, a d’ailleurs en partie été financé par Roger Corman.
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| Night Tide (1961) | Voyage to the Prehistoric Planet (1965) |
Une amitié va naître entre les deux hommes, et ces derniers vont à nouveau collaborer durant les années 60. Il en résulte le sympathique Queen of Blood (1966), narrant les aventures d’une expédition de sauvetage sur l’une des deux lunes de la planète Mars, durant laquelle l’équipe va tomber nez à nez avec une femme vampire. À noter que cette production « emprunte » des images d’archives à un film de science-fiction russe, tout comme Voyage sur la planète préhistorique (1965), qui de son côté tient plus du bricolage indigeste et ridicule relatant une expédition foireuse sur le sol de Venus, planète peuplée ici d’une faune et d’une flore peu accueillantes. Le film pille pas mal de scènes d’une production russe de 1962 titrée Planeta Bur, dont on retrouve aussi des éléments dans Voyage to the Planet of Prehistoric Women (1968). Le film n’en demeure pas moins compréhensible et tout à fait regardable si l’on y met un peu du sien, mais l’ensemble trouvera plus sa place au sein d’une soirée nanar que d’un colloque sur l’évolution de la science-fiction au cinéma…
S’ensuit une période où Harrington enchaîne quelques thrillers plutôt réussis comme Le Diable à trois (1967), Vengeance en différé (1970), Mais qui a tué tante Roo? (1971), The Killing Kind (1973), etc., avant de revenir au fantastique. C’est une nouvelle fois La Féline de Tourneur qui va servir d’inspiration pour l’hommage imprégné de mythologie et de mysticisme qu’Harrington réalise sous le titre de The Cat Creature, téléfilm qui sera diffusé sur ABC en 1973. Le film met en scène des noms comme celui de John Carradine, David Hedison ou Gale Sondergaard, et raconte l’histoire d’une amulette dérobée à une momie égyptienne. Il en découle toute une série de meurtres, et chaque personne ayant un quelconque lien avec le bijou sera retrouvée vidée de son sang et déchiquetée, les corps portants des traces de griffures et de morsures dont l’origine féline reste à prouver. Un archéologue et un détective se lancent alors sur les traces de l’amulette. Sans être très original, The Cat Creature demeure un très bon divertissement, en partie grâce à des acteurs convaincants et des effets spéciaux de bonne facture. Curtis Harrigton va alors de plus en plus travailler pour la télévision, au travers de séries télévisées comme Dynastie, Drôles de dames, Wonder Woman, La Quatrième dimension, ou encore de téléfilms avec The Dead Don’t Die (1975) et deux productions dédiées aux animaux tueurs.
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| Devil Dog : the Hound of Hell (1978) | The Cat Creature (1973) |
Car nous sommes bel et bien dans les années 70, le cinéma évolue très rapidement, et bon nombre de films maintes et maintes fois copiés voient alors le jour. Les rats de Willard (1971) et le requin de Les Dents de la mer (1975) font de nombreux émules, et la télévision n’échappe pas à cette invasion. Avec Killer Bees (1974), Curtis Harrington s’entoure d’un casting très alléchant, composé entre autres de Gloria Swanson dans une de ses dernières apparitions sur les écrans, la belle Kate Jackson de Drôles de dames, accompagnées d’acteurs issus d’une longue carrière télévisée. Cette classique histoire d’insectes contrôlés par une femme, dont le déroulement fait penser à Willard et sa descendance, est dotée d’une atmosphère assez sombre et de superbes trucages. Quelques séquences utilisant les effets spéciaux sont particulièrement réussies et réalistes, puisque seules de vraies abeilles ont été utilisées pendant le tournage. Killer Bees est en tout cas l’une des meilleures productions mettant en scène des abeilles tueuses.
Ce qui est par contre loin d’être le cas de Les Chiens de l’Enfer (1978) et de son chien satanique. Harrington signe ici un téléfilm honteux, se présentant comme un mélange inspiré de La Malédiction (1976) et de Les Dents de la mer et son descendant canin qu’est Les Chiens fous (1976). Modèles auxquels Les Chiens de l’Enfer n’arrive pas à la cheville, lorgnant plutôt vers le ratage complet qu’est Zoltan le chien sanglant de Dracula sorti la même année.. Malgré un casting des plus corrects, cette production télévisée accumule les défauts, comme un traitement beaucoup trop propret, des effets spéciaux plus que risibles, une avalanche de bons sentiments et l’absence totale d’effets sanglants. Le réalisateur ne participera d’ailleurs même pas à la postproduction d’un titre qui ne fera pas date dans le monde sans pitié des films d’agressions animales.
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| Killer Bees (1974) |
Tout en continuant à bosser pour la télévision, Curtis Harrington sera de retour sur les écrans de cinéma en 1977 avec Ruby, film fantastique peu inspiré s’inscrivant dans la lignée de Carrie (1976), ou encore Mata Hari (1985). S’ensuit une longue période de silence, jusqu’à l’année 2002, ou revenant à ses premières amours, il tourne à nouveau un court-métrage, Usher, inspiré du texte d’ Edgar Allan Poe : La Chute de la maison Usher. C’est le 6 mai 2007 que va s’éteindre Curtis Harrigton, laissant derrière lui une carrière remplie de collaborations assez prestigieuses, de productions pas toujours très originales, mais réalisées avec un amour certain du cinéma et marquées par une griffe propre au réalisateur. Dommage par contre que toutes ses œuvres n’aient pas connu une meilleure distribution, s’il est aisé de se procurer ses thrillers, il n’en est pas toujours de même pour ses réalisations fantastiques ou horrifiques.
Carcharoth le 21/02/2008
A lire : l’interview donnée au site The Terror Trap ainsi que celle donnée au magazine Filmmaker.
Filmographie sélective :
Devil Dog : Hound of Hell (1978)
Ruby (1977)
The Dead Don’t Die (1975)
Killer Bees (1974)
The Killing Kind (1973)
The Cat Creature (1973)
Who Slew Auntie Roo? (1971)
How Awful About Allan (1970)
Games (1967)
Queen of Blood (1966)
Voyage to the Prehistoric Planet (1965)
Night Tide (1961)




