Animaux tueurs au cinéma : Les années 80, quatrième partie : invasions de rats

Les Rats Attaquent (1982)Si les rats ont toujours été très représentés dans le cinéma d’épouvante, le nombre de productions se focalisant uniquement sur des rongeurs assoiffés de sang ne sont pourtant pas légion. Quelques sorties vont tout de même pointer le bout de leur nez durant les années 80, et c’est Robert Clouse qui ouvre le bal dès 1982 en adaptant le premier volet de la série consacrée aux rats écrite par James Herbert : Les Rats (1974). Intitulé Les Rats attaquent (Deadly Eyes), le film de Clouse ne s’avère au final guère convaincant. Malgré une ambiance nocturne assez réussie et de nombreuses attaques plutôt violentes, Les Rats attaquent demeure ennuyeux et bancal, d’autant plus que les limitations budgétaires se ressentent fortement à l’écran. Dommage que le réalisateur ne parvienne pas à nous concocter un film aussi réussi que The Pack (1977) et ses chiens tueurs, réalisé quelques années auparavant.
L’année suivante voyait débarquer deux productions assez identiques sur le fond : Terreur à domicile (Of Unknown Origin) et La Nuit du rat (Night of the Rats). Également connu sous le titre D’Origine inconnue, Terreur à domicile relate l’affrontement physique et psychologique entre un homme joué par l’excellent Peter Weller (Leviathan, Prey), quelques années avant qu’il n’endosse le costume de Robocop, et un rat espiègle. Le film de George P. Cosmatos est plutôt réussi, mais dommage que la légèreté de l’ensemble prenne un peu trop le pas sur l’aspect horrifique qu’aurait pu engendrer cette variation amusante autour du thème de la revanche de la nature sur l’homme. C’est également un rat, mais géant cette fois-ci, qui va venir troubler la vie d’une petite famille a priori sans histoires dans La Nuit du rat. Réalisé par Joseph Sargent, à qui l’on doit l’immonde Les Dents de la mer 4 : la revanche (1987), La Nuit du rat est le quatrième segment de l’anthologie horrifique En plein cauchemar (Nightmares). Un certain manque de cohérence, un traitement un peu trop poussif et des effets spéciaux primitifs font de Night of the Rat une production anecdotique et tout à fait dispensable.

Les Rats attaquent (1982) Krysar, le joueur de flûte de Hamelin (1985)
Les Rats attaquent (1982) Krysar, le joueur de flûte de Hamelin (1985)


La Malédiction des rats (1989) James Herbert devenait à nouveau une source d’inspiration, mais cette fois-ci pour l’un des plus grands représentants du Z transalpin : Bruno Mattei. Le réalisateur s’inspire cette fois-ci du troisième volet de la saga des rats, intitulé L’Empire des rats, pour confectionner l’hilarant Les Rats de Manhattan (Rats Notte di terrore) en 1984. Le récit se base sur deux genres très en vogue, les productions dites post-apocalyptiques (Mad Max 2 et toute sa descendance plus ou moins bâtarde) et celles d’agressions animales, et aujourd’hui encore s’avère être une inépuisable source de fous rires. Le spectacle est affligeant. Des décors fauchés, des acteurs recrutés sur le marché aux poissons de la ville voisine, des dialogues ridicules et des effets spéciaux lamentables font de ce Les Rats de Manhattan un nanar de haute volée. Les fameux rats tueurs se comptent seulement par dizaines, et les pauvres rongeurs ensuqués et noircis à la cendre sont péniblement maintenus en place par de la nourriture que l’on voit distinctement déposée sur le plancher. Quelques séquences sanguinolentes et un final des plus pessimistes, bien que terriblement grotesque, ne parviennent pourtant pas à hisser cette série Z certifiée ISO zéro absolu de la ringardise dans laquelle elle baigne.
Courant 1989, le sympathique Soudain… les monstres (1976) de Bert I. Gordon se voit gratifier d’une suite nettement inférieure baptisée La Malédiction des rats (Gnaw). Réalisée par Damian Lee, cette production manque singulièrement d’ambition et de consistance, même si certains passages méritent le détour. La Malédiction des rats demeure tout de même un film honnête et rigolo, qui se rapproche plus d’une série B nanarde que d’un gros Z médiocre.

Terreur à domicile (1983) Les Rats de Manhattan (1984)
Les Rats attaquent (1982) Les Rats de Manhattan (1984)

Parallèlement à ces sorties, comment ne pas mentionner le superbe film d’animation tchécoslovaque titré Krysar, le joueur de flûte de Hamelin (Krysar, 1985) de Jirí Barta, s’inspirant bien évidemment de la légende allemande du dératiseur revanchard. Quelques rats tueurs faisaient aussi leur apparition dans l’excellent Les Bêtes féroces attaquent (Belve Feroci, 1984) de Franco E. Prosperi, alors qu’une aberration génétique voyait le jour dans le très mauvais Ratman (Quella villa in fondo al parco, 1988) de Giuliano Carnimeo.

Carcharoth le 04/03/2008

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