Ce petit texte n’a pas pour but de présenter ici Dario Argento, de nombreux ouvrages et sites webs étant consacrés à ce très grand réalisateur, mais plutôt de s’attarder sur un point commun à quasiment toute son œuvre : la présence d’animaux ou d’insectes dans ses films. Avec sa manière particulière de mettre en image de façon très graphique et référentielle les récits de ses productions, qu’elles soient horrifiques ou policières, Argento parvient à créer un univers à part, dans lequel sa fascination pour les animaux apparaît clairement. S’il se contente d’employer des noms d’animaux pour titrer ses premiers films, souvent présentés comme La Trilogie animalière, et qui comprend L’Oiseau au plumage de cristal (L’Uccello dalle piume di cristallo), Le Chat à neuf queues (Il Gatto a nove code) et Quatre mouches de velours gris (4 mosche di velluto grigio), rapidement divers représentants de l’espèce animale vont envahir les histoires du réalisateur.
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| L’Oiseau au plumage de Cristal (1970) |
Le Chat à neuf queues (1971) |
Quatre mouches de velours gris (1971) |
L’homme semble en effet passionné par ce sujet, qu’il tient sans doute de ses nombreuses lectures et autres références cinématographiques. Chez Dario Argento, animaux et insectes peuvent être utilisés de manières différentes, dans le but d’entretenir un certain mystère ou celui de souligner un plan ou une idée. Mais plus généralement, cela permet d’inclure un élément horrifique, dangereux, voir dans de plus rares cas un comportement amical ou plutôt neutre.
Il n’est donc gère étonnant de retrouver de nombreuses références au folklore lié à la sorcellerie, aux animaux démoniaques servant de familier aux sorcières. Chat noir, corbeau, chauve-souris, rat, vipère, hibou, crapaud, voici quelques exemples classiques de familiers démons, bien que l’on puisse étendre à de très nombreuses espèces cette liste dont les limites sont difficiles à déterminer. La littérature et le cinéma se contentent généralement de se concentrer sur des animaux connus de tous, domestiqués ou en tout cas faciles à rencontrer. Plus ceux-ci on une connotation diabolique « innée » ainsi qu’un lourd passé à assumer, mieux c’est. Les rats en sont le parfait exemple, et il n’est donc pas surprenant de voir ces derniers envahirent les récits horrifiques, dans le but précis d’effrayer ou de dégoûter le spectateur. Dario Argento n’échappe pas à cette utilisation référentielle d’espèces animales. La religion peut également être une source d’inspiration, il est en effet possible de faire un parallèle entre Belzébuth le maître des mouches, démon des nuées, et Jessica dans Phenomena, qui contrôle par télépathie des nuées de mouches.
Le réalisateur aborde également le thème plus général de la mort, avec tout ce que cela comporte en terme de peurs liées à la putréfaction et à la disparition d’un être vivant. Ici les insectes et autres vers règnent en maîtres. Les asticots rampent et dévorent des cadavres en décomposition, les mouches et leurs larves festoient comme il se doit, bref la volonté de susciter le dégoût et la crainte n’est pas en reste, et peu facilement s’accommoder à tout type d’histoire.
Bien entendu, la terreur « primale » n’est pas oubliée, et il n’est pas rare d’apercevoir un ou des animaux non diaboliques dans les récits d’Argento, en témoigne par exemple l’attaque du doberman dans Ténèbres.
Au sein des œuvres de Dario Argento, toutes les espèces animales ne sont pas dangereuses ou dotée d’une féroce volonté de tuer. Les insectes de Phenomena sont plutôt sympathiques, dans Inferno des fourmis sont même utiles puisqu’elles indiquent qu’un passage est dissimulé dans le plancher, alors que dans le même film, le lézard gobant un papillon, à l’instar du chat dévorant une souris, ne sont ici que pour souligner des éléments scénaristiques.
Du chat diabolique dans son adaptation des écrits d’Edgar Allan Poe de Le Chat Noir (disponible dans l’anthologie Deux Yeux maléfiques), aux rats grouillants et voraces d’Inferno venus se repaître du corps de Kazanian, suivit de près par leurs congénères ayant pris possession des lieux dans Le Fantôme de l’Opéra, en passant par les nombreux insectes aidant Jessica dans Phenomena, les exemples sont très nombreux dans l’œuvre de Dario Argento. Je vais donc tenter ici un petit recensement des apparitions marquantes d’animaux ou d’insectes dans les films du réalisateur. Si la plupart demeurent toujours aussi efficaces, il est vrai que quelques effets spéciaux ont par contre aujourd’hui bien vieillis dans certains cas, mais ce n’est pas le sujet…Les commentaires sont disponibles pour signaler tout oubli et toute erreur de ma part !
Suspiria
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| Suzy est attaquée par une chauve-souris. |
Un aveugle égorgé par son propre chien. |
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| Les dortoirs de l’école envahis par des asticots. |
Inferno
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| Un des matous d’Inferno. |
Un des nombreux autres chats. |
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| L’attaque des chats. |
De belles dents prêtes à croquer. |
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| Le lézard et sa proie. |
Le chat déguste sa victime. |
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| Les fourmis indiquent un passage. |
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| Un rat curieux. |
Les rats passent à l’attaque. |
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| Kazanian sert de repas aux rats. |
Ténèbres
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| L’attaque du doberman. |
Le doberman et sa proie. |
Phenomena
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| Le professeur John McGregor et son chimpanzé |
L’étude d’un coléoptère |
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| Une araignée chez l’entomologiste, |
mais aussi un scorpion, |
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| sans oublier des bourdons, |
des coccinelles |
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| des ? (bah des insectes), |
et un criquet. |
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| La nuée de mouches. |
D’autres mouches. |
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| Pas de mouches sans asticots. |
Une luciole bien aimable. |
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| Des vers sur un cadavre. |
D’autres vers sur une tête tranchée. |
Terreur à l’opéra
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| Un corbeau glouton. |
Le sauvetage d’un lézard. |
Le Chat noir (Deux yeux maléfiques)
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| Un matou énervé. |
Trauma
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| Un lézard dans sa cage. |
Un lézard et son papillon. |
Le Fantôme de l’opéra
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| Un énorme faux rat |
et des copains à lui. |
J’aurai leur peau (Masters of Horror, saison 2)
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| Un raton-laveur apparemment gentil. |
mars 13, 2008 | Filed Under
Divertissement |
Comments
Bonjour,
Pourriez-vous m’expliquer la signification du lézard mangeant un papillon et du chat mangeant une souris dans le film Inferno s.v.p.?
Merci beaucoup!