Animaux tueurs au cinéma : Les années 2000, première partie : les rats attaquent…

Toujours d’actualité, les rats ne cessent d’envahir les salles de cinéma et les écrans télévisés. Les remakes en tout genre étant à l’ordre du jour depuis de nombreuses années, c’est cette fois-ci l’excellent Willard de Daniel Mann qui va se voir décliner par deux fois. Oublions tout de suite l’infâme relecture hip-hop titrée Tara (Hood Rat, 2001) de Leslie Small, qui passe complètement à côté de son sujet. Des acteurs en chute libre et des bidouillages informatiques très moyens en guise d’effets spéciaux ne rendent absolument pas hommage au chef d’œuvre du début des années 70. De son côté, Glen Morgan se lance dans une nouvelle version de Willard qui est sortie courant 2003. A la manière de Bruce Davison en 1971, c’est ici Crispin Glover qui porte réellement le film sur ses épaules grâce à une prestation époustouflante. Les seconds rôles ne sont pas en reste puisque l’on retrouve par exemple un R. Lee Ermey fidèle à lui même dans ses performances de gueulard hors normes. Si le film s’avère pourtant être bien en deçà de l’original, ses effets spéciaux superbes, son ambiance visuelle assez glauque, une partition musicale bien sombre et une mise en scène efficace sont à saluer. Le réalisateur nous délivre un film plastiquement très réussi, mais qui manque malheureusement un peu trop de personnalité. La volonté de Glen Morgan de vouloir absolument faire un film d’horreur « à l’ancienne », prend ainsi le pas sur certains des aspects qui faisait la force du Willard original. Mais les passages mettant en scènes les rats sont toujours aussi efficaces, et c’est bien là le principal !

Willard (2003) The Rats (2002)
Willard (2003) Les Rats (2002)

Du côté des déceptions, citons Altered Species (2001, Miles Feldman) et ses rats de laboratoire absorbant une substance toxique qui va les rendre plus fort, plus intelligents, mais surtout leur donner un appétit insatiable. Rendu indigeste par ses effets spéciaux calamiteux, dont un faux costume de rat sur lequel on perçoit presque la fermeture éclair, ses acteurs tellement mauvais qu’ils semblent avoir ingurgité par accident une bonne dose de raticide, sans oublier l’accumulation de tous les clichés du genre qui sont ici réunis, on tient avec Altered Species sans doute l’un des pires films traitant de rats qui ayant vu le jour. L’infatigable Tibor Takács allait produire Rats (2003) pour Nu Image. Une production agréable, qui malgré des trucages numériques pas toujours au point parvient à maintenir une ambiance assez sombre, les décors de son asile d’aliénés y étant pour beaucoup. Les influences du réalisateur sont facilement décelables, mais ce dernier parvient tout de même à s’en détacher afin de nous offrir une histoire qui tient la route, parsemée de nombreuses attaques et nous offrant une belle performance de son actrice principale Sara Downing, confrontée à la fois aux rongeurs meurtriers et au directeur de l’asile campé par Ron Perlman venu cachetonner dans le coin.
Excellente surprise par contre avec Les Rats (2002) de John Lafia, réalisateur ayant déjà oeuvré dans le genre des animaux hargneux avec Max, le meilleur ami de l’homme. Il nous propose ici un téléfilm de très belle tenue se déroulant dans un quartier de Manhattan qui se voit rapidement envahi par des rongeurs mutants. Légèrement aseptisé et malgré un ton pas suffisamment alarmiste, Les Rats tiens quand même bien la route grâce à ses personnages attachants, des acteurs bien choisis et des effets spéciaux de bonne facture. Restons dans le monde de la télévision pour découvrir le réalisateur allemand Jörg Lühdorff, qui allait produire pour la télévision allemande deux téléfilms largement inspirés des écrits de James Herbert. Avec Rats : l’invasion commence (2001) et Rats 2 : l’invasion finale (2004), l’entrée en matière est vraiment réussie. Si le premier épisode manque un peu de noirceur et de profondeur, l’ensemble est rattrapé par un casting de bonnes gueules et un traitement assez orienté « action ». Les rats sont en effet détruits ici à l’aide d’explosifs et de lance-flammes, par une équipe de bourrins prêts à tout pour nettoyer la ville. Le second volet se veut par contre un peu plus sombre, l’architecture urbaine laissant place ici à un petit village en périphérie de la banlieue de Francfort, avec ses vielles maisons humides et ses petites ruelles peu rassurantes. Les relations entre les différents personnages se développent de manière plus ou moins sympathique et fonctionnelle, les effets spéciaux sont toujours aussi réussis et les rats semblent bien plus nombreux qu’auparavant, même s’ils apparaissent un peu moins souvent à l’écran. Les deux films, à la manière de Les Rats, ne sont par contre pas suffisamment ambitieux et manquent un peu de bestialité, le nombre de morts ne rendant pas honneur à nos rongeurs préférés. Un troisième volet serait prévu à en juger un des bonus du DVD, il ne reste plus qu’à espérer qu’il s’inspire du troisième tome ultra pessimiste de la trilogie des rats (en fait une tétralogie, le volet The City est souvent occulté du fait qu’il ne soit pas écrit sous forme de roman) de James Herbert, qui parle de rats mutants chassant dans les ruines branlantes d’une citée les quelques survivants humains d’une attaque nucléaire…

Rats (2003) Rats 2 : l’invasion finale (2004)
Rats (2003) Rats 2 : l’invasion finale (2004)

Chose suffisamment rare pour être souligné, un téléfilm catastrophe français mettant en scène des rats tueurs voit le jour sous le titre d’Alerte à Paris ! (2006) Le récit se contente de reprendre les grandes lignes de Rats : l’invasion commence, transposant simplement toute l’histoire dans les rues de notre capitale. Réalisé par Charlotte Brandstrom, Alerte à Paris ! s’avère au final être assez décevant, l’aspect drame familial prenant très rapidement le pas sur le traitement horrifique qu’un tel récit aurait pu engendrer.

Alerte à Paris ! (2006) Rats : l’invasion commence (2001)
Alerte à Paris ! (2006) Rats : l’invasion commence (2001)

Carcharoth le 31/03/2008

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