Biographie de Gary Jones
Au début des années 1990, la compagnie Nu Image inonde le marché DTV de films mettant en scènes des animaux tueurs, qui ont dans quasiment tous les cas deux points communs : être de taille exceptionnelle, et être modélisés au travers d’effets spéciaux numériques des plus rudimentaires. Requins, crocodiles, araignées, pieuvres, de nombreuses espèces sont remise au goût du jour avec plus ou moins de réussite. Si parmi les réalisateurs impliqués dans ces productions, pas mal de tâcherons officient impunément, cela aura tout de même permis à quelques un d’entre eux, plus doués que la moyenne, de se faire plaisir et d’offrir aux spectateurs des séries B assez divertissantes. C’est le cas de Tibor Takács, et bien évidemment de Gary Jones, dont il est question ici.
![]() |
![]() |
| Spiders (1999) | Mosquito (1995) |
Né dans le Michigan, Gary Jones s’intéresse très tôt au monde du cinéma et commence alors à réaliser ses premières oeuvres en Super 8 et 16 mm. Après des études en marketing publicitaire, l’homme finit par dégoter un petit job et débute ainsi sa carrière en travaillant avec Sam Raimi, avec lequel il collabore sur Evil Dead 2 (1987) et L’Armée des ténèbres (1992), officiant dans l’équipe chargée des effets spéciaux. C’est sans doute durant cette période qu’il se lie d’amitié avec Raimi et Bruce Campbell, qui croiseront de nouveau la carrière de Gary Jones dans les années à venir.
En 1984, avec l’aide de David Wogh, un autre passionné des maquillages et des trucages, ils créent Acme FX, boîte dans laquelle les rejoindront bientôt les deux frères de Gary, Dean et Dale. Les opportunités ne tardent pas à se présenter, et après quelques réalisations publicitaires, l’entreprise se voit ainsi proposer des projets concernant des productions cinématographiques. Gary participe en tant que technicien chargé des effets spéciaux à des films comme Thou Shall not Kill… Except (ou apparaissent face à la caméra Sam et Ted Raimi, Bruce Campbell, et Gary Jone, 1985), dans lequel il est chargé des maquillages, Moontrap (1989) ou encore Lunatics : A Love Story (1991). Il travaille également avec John Woo sur le film Chasse à l’homme (1993), mettant en scène Jean-Claude Van Damme.
Attiré avant tout par les trucages mécaniques, les animatroniques et les créatures diverses et variées, l’homme va rapidement se tourner vers la réalisation, et pouvoir ainsi à la fois animer et diriger ses propres monstres. L’évènement à l’origine de ce revirement est essentiellement la disparition d’Acme FX au début des années 90, ce qui pousse ainsi Gary Jones à réaliser son premier film intitulé Mosquito (1993). Avec cette production à petit budget (moins de 300 000 $), l’homme cumule les casquettes. Il se retrouve à la fois réalisateur, technicien des effets spéciaux, mais également producteur et co-scénariste, puisqu’il signe avec Gunnar Hansen, le Leatherface de Massacre à la tronçonneuse (1974), le synopsis de Mosquito. Une banale histoire de moustiques tueurs, devenus géants suite à la chute d’un météorite, qui n’est pas sans rappeler le cinéma des années 50, comme les films de Bert I. Gordon par exemple. Sans être exceptionnel, Mosquito s’avère être un excellent divertissement ne se prenant pas au sérieux et qui associe bonne humeur, trucages aussi nazouilles que les dialogues, acteurs qui en font des tonnes, bref une production rigolote qui ne lésine pas sur l’exagération.
![]() |
![]() |
| Crocodile 2 : Death Swamp (2002) | Planet Raptor : Raptor Island 2 (2007) |
Sa carrière étant lancée, Gary Jones va par la suite se lancer dans la réalisation de nombreux projets, tout en continuant à bosser à côté dans le domaine des effets spéciaux pour la société KNB FX, ce qui l’amènera à travailler sur des titres comme Une Nuit en Enfer (1996), Spawn (1997), ou encore The Faculty (1998). Courant 1995, il se joint à nouveau à Sam Raimi et décolle pour la Nouvelle Zélande afin d’exécuter en tant que réalisateur de seconde équipe les épisodes de la saison 1 de Xena, la guerrière (1995). Il sera d’ailleurs promu réalisateur en chef sur quelques épisodes de la série.
L’année 1999 marque le début de sa collaboration avec Nu Image / Millenium Films, pour laquelle il va réaliser deux titres traitant d’animaux tueurs. Des petites séries B sans prétentions, qui s’avèrent pourtant très honorables. Dans Spiders (1999), il est question d’araignées devenues gigantesques suite à une expérience génétique ayant capotée, et qui vont tout détruire sur leur passage. L’originalité n’est absolument pas au rendez-vous, le film ressemblant à une version cheap du fabuleux Tarantula (1955), mais l’ensemble tient plutôt bien la route, malgré des effets spéciaux pas toujours très convaincants. Avec Crocodile 2 (2002), Gary Jones parvient sans aucune difficulté à surpasser le premier volet, Crocodile (1999), réalisé, enfin plutôt massacré (facile celle-là) par Tobe Hooper. Si une nouvelle fois le manque d’originalité (un crocodile géant massacre les survivants d’un crash aérien dans des marécages) et les effets spéciaux sont les plus gros points faibles du titre, l’ensemble est suffisamment rythmé et sanguinolent pour que l’on y trouve son compte.
Par la suite Gary Jones va également collaborer avec la chaîne câblée américaine Sci-Fi Channel, pour laquelle il va livrer une suite à Raptor Island (2004), une bouse qui mettait en scène Lorenzo Lamas aux prises avec des dinosaures d’une laideur rarement atteinte en terme de trucages numériques. Pas de bol, Gary signe ici l’une de ses pires réalisations, un spectacle inqualifiable intitulé Planet Raptor : Raptor Island 2 (2007). Le réalisateur finalise actuellement un nouveau téléfilm pour Sci-Fi, Xenophobia (2008) dans lequel il serait question d’aliens assassins, capables de prendre forme humaine, et qui sont sur Terre pour flinguer un président. Gary a également turbiné sur Alien Apocalypse (2005), une production mineure pour laquelle il a officié en tant que réalisateur de seconde équipe et concepteur des créatures, une variété de termites extraterrestres de morphologie humanoïde (que l’on aperçoit également dans Raptor Island 2). Tournage sur lequel il a retrouvé Josh Becker et Bruce Campbell.
Plus récemment, Gary Jones a également co-produit The Rage, de Robert Kurtzman, film sur lequel il était assistant réalisateur, et il peaufine actuellement d’autres projets qui devraient débarquer d’ici à 2 ans. Malgré une carrière encore brève à ce jour, Gary a déjà eu l’occasion de collaborer avec de nombreuses personnalités connues et actives du monde du cinéma d’horreur et fantastique. Espérons que cela lui permette par la suite de continuer à nous offrir des films divertissants, si possible dotés de budgets un peu plus conséquents et de scénarios un peu plus originaux. L’enthousiasme et la sympathie que dégage le bonhomme semblent en tout cas porter ses fruits puisque son fils semble apparemment suivre ses traces.
Carcharoth le 25/04/2008
Visiter le site web officiel de Gary Jones
Ecouter un entretien radiophonique d’environ une heure durant lequel le réalisateur revient sur ses nombreux projets. (en anglais)
Filmographie sélective :
Boogeyman 3 (2009)
Xenophobia (2008)
Planet Raptor: Raptor Island 2 (2007)
Ghouls (2007)
Jolly Roger: Massacre at Cutter’s Cove (2005)
Crocodile 2: Death Swamp (2002)
Spiders (2000)
Mosquito (1995)



